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A Essaouira le jazz se vit tambours battant !

Par: Alice JOUNDI  

MUSIQUE Pour ceux qui doutaient encore qu'Essaouira était un territoire musical hors du commun, la 2ème édition de Jazz Sous l'Arganier vient ponctuer l'année 2016 de la plus belle façon. Un cadeau inestimable fait à un public conquis par un voyage artistique inédit, dont on vous offre quelques enregistrements pour le plaisir des oreilles...

La fusion des genres et le mélange des inspirations ayant livré un bouquet d'instants musicaux et poétiques, Jazz sous l'Arganier n'a eu de cesse de convoquer les racines communes africaines dont héritent le jazz, le blues, la salsa, la musique andalouse...

Tous ces genres célébrés avec un immense talent par des formations pour certaines 100% marocaines (LMaalem Jazz Band, Trio Driss Maaloumi, B'ldi Jazz Trio) et des invités venus d'autres contrées tels que les pianistes Afredo Reyes et François Raulin, le maître du djembé Adama Dramé et l'ensemble métissé du magnifique "Back to the roots project" réuni par Majid Bekkas.

Pas un concert n'a manqué de nous faire voyager, traverser les mers et les temps, et si nous devions retenir une chose de cette édition c'est l'excellente qualité des performances qu'il nous a été donné de voir et d'entendre à Dar Souiri trois soirs durant. Rappelant, comme l'année passée, que la culture du jazz s'est faite marocaine, et qu'elle est désormais souirie grâce à cet événement dont la programmation est un beau cadeau de fin d'année.

Le 2ème Jazz sous l'Arganier s'est achevé par un bouquet final prodigieux aux côtés de Majid Bekkas et de ses amis virtuoses du balafon, de la flûte et du saxophone, des percussions et de la batterie. Une performance d'une très grande générosité durant laquelle on a pu voir le public danser et s'exclamer de joie, parmi lequel la chanteuse Hindi Zahra ne cachant pas son bonheur d'être là.

Un final et des mots, ceux d'Adama Dramé achevant à Essaouira 50 années de carrière, rendant un hommage émouvant à André Azoulay qui, par le biais de l'Association Essaouira Mogador dont il fut le fondateur, a su provoquer une nouvelle fois la rencontre entre ceux qui ne se connaissent pas mais qui ont tant à partager. Que l'on soit d'ici ou d'ailleurs, et de toutes les couleurs, "nous avons tous les mêmes problèmes" résumait-il au micro avant de faire chauffer la peau de son djembé.

Nous avions ce soir-là surtout la même joie d'être réunis, une nouvelle fois, pour la fête des musiques à Dar Souiri. 

Rendez-vous l'année prochaine du 27 au 29 décembre 2017 pour une 3ème édition déjà très attendue de Jazz Sous l'Arganier.