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Dar Soltane : Essaouira et son palais déchu

Par: Alice JOUNDI  

CASTLE MADE OF SAND Forteresse ensablée, la maison d'un Sultan trône au milieu d'une nature sauvage. L'immense palais effondré datant de la fondation d'Essaouira au 18ème siècle fait encore rêver. Il y en a même qui en ont fait une communauté sur les réseaux sociaux. Nous aussi on voudrait revoir la beauté de "Dar Soltane"...

Palais de style andalous édifié au 18ème siècle, la résidence d'été du Sultan Mohammed Ben Abdellah se trouvait à l'extérieur de la ville, séparée de celle-ci par les rivages de l'oued Ksob. On y accueillait les consuls des différents pays tenant comptoir à Essaouira, alors carrefour des commerces et des traditions du monde entier. On y tenait salon, offrait de grandes cérémonies dans un mobilier luxueux en partie réalisé par des artisans hollandais. Cette "maison blanche" à deux étages avait effectivement été commandée par le Sultan au Consul des Pays-Bas sur le modèle de certaines demeures d'Amsterdam.
En des lieux devenus presque mythiques, Dar Soltane était constituée de cinq pavillons et d'un patio surplombant le bassin de l'oued. Situé à 2 km de Sidi Magdoul et 1,5 km du Borj El Baroud (dont les vestiges sont encore visibles sur la plage), le palais était à ce point visible qu'il servait occasionnellement de point d'alignement aux navigateurs dans la baie d'Essaouira.

Depuis longtemps, la forêt de Tamaris qui la bordait, a cédé sa place aux dunes d'un décor devenu quasi-lunaire. Et c'est tout naturellement, sous la force des vents et des marées, que celles-ci gagnèrent du terrain sur la maison désertée depuis la fin du 19ème siècle. Au pied du village de Diabat, Dar Soltane, aujourd'hui presque ensevelie, demeure, laissant entrapercevoir sa grandeur passée et son style inédit.
D'aucuns disent que Jimi Hendrix - auquel on prête une escale à Essaouira marquant à jamais sa vie d'homme et de musicien - y laissa dériver son inspiration au fil de laquelle son célèbre "Castles Made of Sand" aurait vu le jour. Mais à ce sujet, rien n'est moins sûr.

Sous les dunes : les voûtes et les murs de pierre

Aujourd'hui devenues escale des randonnées en dromadaires, telles une curiosité surgie au détour de la forêt d'Essaouira, on ne sait ce que l'avenir réserve aux ruines de la maison blanche du Sultan. Mais si la rénovation du château enseveli suppose un chantier colossal, on y verrait bien un site aménagé rendant hommage à ce lieu qui marqua sans nul doute l'histoire d'Essaouira et du Maroc.

A lire : "Mogador, mémoires d'une ville", Omar Lakhdar.
A voir : Monuments d'Essaouira dans nos pages.

Texte Alice Joundi
Photos DR Creative Commons