People, Culture

Dick Annegarn à Essaouira : son autre terroir et sa Halqa...

Par: Alice JOUNDI  

ENTREVUE A l'occasion de la présentation de son spectacle barbaro-berbère intitulé "Halqa", Dick Annegarn, l’artiste amoureux des mots et des musiques (et non moins Chevalier des Arts et des Lettres), nous invite à découvrir ses territoires sans frontières, ceux de l'oralité et du partage, entre France et Maroc.

Prendre le thé à Essaouira avec Dick Annegarn, il faut le dire, nous renvoie à une sorte d'héritage musical légué au fil des dimanches dans le salon familial. Mais il sera question ici de tout autre chose, car on aime à découvrir que Dick est (aussi) d'ici désormais. Oublions donc un instant les vieux titres de notre enfance, de sa trentaine et de nos dix ans, et plongeons dans un projet qui en dit long sur l'aventure entre Dick Annegarn et sa patrie berbère depuis plus de 20 ans.

Hommage au "blues" et à la poésie

Ici comme ailleurs les pas de Dick sont guidés par le verbe et les musiques. S'il nous confie s'être "échoué" au Maroc dans les années 90, ses errances, entre une terre et une autre, ne doivent finalement rien au hasard. Car Lafitte-Toupière, où il vit au pied des Pyrénées, et Douar Zaouit "en terre Haha", c'est "un village comme un autre, avec un nord et un sud" nous dit-il. On l'aura compris, ce "no landais" traine avec lui un terroir bien à lui, tel un nomade entre ses "deux familles imaginaires", rendant hommage à une "même poésie", celle des Troubadours ou des berbères, offrant les mots en partage dans leur plus bel état : vivants. Son œuvre, Halqa, dont il est question ici, renvoie aux cercles de rassemblement berbères, à ces lieux d'échanges et d'apprentissages, qui firent le succès de la place Jama El Fna devenue ainsi patrimoine immatériel de l’humanité. Fervent défenseur de la culture musicale berbère, à la fois "inspirante et joyeuse" pour ne reprendre que ses mots, Dick Annegarn renoue ainsi avec le meilleur des "blues", ne cachant pas son exaltation ni son évidente émotion.

"Je ne fais pas de la world"

L'aventure de Halqa démarre aux côtés de Raïs Mohand, son ami de 20 ans, de Yassine Sidibis et de "quelques musiciens du bled", avec qui il se produira à Essaouira. Mais avec eux, croyez-moi, "Raïs Dick" fait bien du Annegarn, en digne conteur de destins anonymes passant par la rime, l’amour et l’humour. Il nous avise d’ailleurs: "je ne fais pas de la world", et pour ceux qui veulent en savoir plus sur la musique berbère, l'originelle, il vous invite à consulter les liens publiés sur son site internet.

Pour en savoir plus sur sa trajectoire berbère rendez-vous les 26 décembre au Sofitel Essaouira Mogador et 2 janvier à Dar Souiri pour découvrir Halqa, quinze tableaux composant une expérience artistique à partager en "live" bien sûr.

Texte Alice Joundi
Photo Dick Annegarn