Culture

Essaouira, l’Andalouse

Par: Alice JOUNDI  

FESTIVAL Définir l’Andalousie comme un territoire à la fois philosophique, musical et partagé, cela se passe depuis 16 ans, en terre d’Islam, à Essaouira. L’édition 2019 du Festival des Andalousies Atlantiques a consacré une nouvelle fois notre chère cité comme ville-emblème des coexistences. Juifs, musulmans, chrétiens, venus des différents rivages de la Méditerranée, ont une nouvelle fois partagé la musique, la fête, mais aussi le pain et le voeu commun d’une convivialité retrouvée, celle d’une histoire commune conjuguée au futur.

Pour la 16ème édition de cet emblématique festival, l’Association Essaouira Mogador est parvenu à réunir le succès, l’excellence artistique musicale et la communion cultuelle, suivant toujours la même ambition de rendre actuelle et vivante une histoire commune née il y a de cela plusieurs siècles, en Andalousie.

Être Andalou n’a, à Essaouira, plus rien à voir avec un territoire géographique. Essaouira, presqu’île sur l’Atlantique, a adopté définitivement la philosophie de ce territoire, en digne héritière de son legs historique et culturel, comme l'évoquait à la tribune du Forum matinal des Andalousies Atlantiques M. André Azoulay, Président fondateur de l'Association Essaouira Mogador.

La Fondation Tres Culturas, basée à Séville, partenaire historique du festival - et dont le principe directeur est la promotion du dialogue, de la paix et de la coexistence entre les peuples de la Méditerranée - n’a d'ailleurs eu de cesse de considérer Essaouira comme ville garante de l’esprit de l'âge d'or andalou, partageant avec elle le même ADN, et la même ambition de construire un futur où culture et patrimoine constituent un nouvel espace de convivialité.


2019, édition "Prestige"

Alors même que la ville célébrait sa nomination en tant que "Ville Créative" par l’UNESCO pour son excellence musicale, c’est une foule immense qui fut accueillie pendant 3 jours à Essaouira pour assister aux concerts du festival des Andalousies Atlantiques, occupant les milliers de chaises sous le grand chapiteau, les coursives de Dar Souiri, les étages de Bayt Dakkira, ainsi même que l’enceinte sacrée de la Zaouïaa Kadiriya jusque tard dans la nuit. Un public si nombreux, qu’il témoigne de l’accomplissement et du succès grandissant de ce rendez-vous automnal dans la cité des alizés...

Si les artistes, musiciens, chanteurs et danseurs, ont illuminé tour à tour les scènes du festival par leurs talents et leur émotion, incarnant une exigence artistique fondée sur le partage et la tradition depuis tant d'années, cette 16ème édition a célébré les femmes artistes et garantes des traditions. Elle fit toute la lumière sur Chaimaa Imran, accompagnée sur scène d’un orchestre andalou 100% féminin, Dalila Meksoub, la diva du Gharnati, dont la prestation enchanta l’auditoire lors d’un concert intimiste, Asmaa Lazreq qui interpréta avec un immense talent les standards réservés jusqu’alors aux seuls chanteurs, sans oublier l’iconique Raymonde El Bidaouiyia, reine du Malhoun et du Chaâbi au Maroc depuis plus de 40 ans, les jeunes et talentueuses Hana Touk et Lalla Tamar, les inoubliables danseuses et la chanteuse de la compagnie Leonor Leal, guidées par une énergie qui aura enchanté le public des Andalousies Atlantiques… 

L'Association Essaouira Mogador a, une nouvelle fois, offert en cadeau un lot d'émotions et d'art aux milliers de festivaliers et visiteurs qui se donnent désormais rendez-vous chaque année pour des retrouvailles entre passé et présent, public et artistes, Maroc et Méditerranée,  très attendues, à Essaouira. 

PHOTO : DR. Oddityline - Festival des Andalousies Atlantiques