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La Biennale de Marrakech a rendez-vous avec le Street Art à Essaouira

Par: Alice JOUNDI  

ARTS GRAPHIQUES Pour inaugurer sa première incursion dans la cité des alizés, la 6ème Biennale de Marrakech -du 24 février au 8 mai 2016- propose une manifestation déclinée en plusieurs projets communément orientés vers le Street Art, et au sujet desquels Made in Essaouira a rencontré pour vous Amine Kabbaj, président de la Biennale de Marrakech.

En interview pour Made in Essaouira, le directeur de la Biennale d'art contemporain de Marrakech présente cette rencontre internationale comme une plateforme créative ayant toute sa raison d'être sur le continent africain. Amine Kabbaj évoque à cette occasion sa vision et ses attentes de la 6ème édition, qui s'étend pour la première fois jusqu'aux rivages d'Essaouira...

"L'art contemporain, c'est l'art du vécu"

C’est tout naturellement qu’Essaouira, partie intégrante de la région de Marrakech, profite de cette évasion maritime de la Biennale hors des murs de la ville ocre. D'autant qu'Essaouira est "une ville qui une grande capacité à recevoir l'art et à échanger" comme le rappelle Amine Kabbaj. Si le thème de la Biennale cette année se traduit par la question énigmatique "Quoi de neuf là ?", le but est selon lui essentiellement de rappeler que "la nouveauté n'est pas l'apanage de l'occident". Et pour cause, l'art prend ici, en Afrique et au Maroc, des formes résolument innovantes et inventives tout en sachant de ne pas se prendre trop au sérieux ("surtout pas" insiste-t-il). Une force créative de grande qualité qu’il convient donc à cette occasion de plébisciter.

Le président de cette grande fête de l'art ne s’en cache pas, l’enjeu d’un tel événement est aussi de "désacraliser l'art contemporain", qu'il appartient à tous de côtoyer et d’interpréter, car "l’art contemporain permet d’appréhender l'avenir grâce au vécu" nous dit-il. Quelque soit sa forme, le passage du message de l’artiste est essentiel selon lui, puisant dans une réalité et une expérience qui lui sont propres.

A Essaouira, la Biennale opte pour le Street Art dans une véritable logique de partage

Pour sa première Biennale, Essaouira accueille des projets émergeant du dit "art de rue" ou street art dont les atouts sont majeurs dans une ville comme la nôtre. Le premier étant de rester dans une logique de partage avec la population et d'accessibilité aux oeuvres. Allons même jusqu'à dire qu'on pourra vivre avec. Quand cela se passe dans la rues "c'est à l'artiste de s'adapter au lieu" nous rappelle-t-il, et quoi de mieux que la rue pour toucher un large public ?

Pour la Biennale de Marrakech Giacomo Bufarini RUN est venu réaliser une fresque au sol à Essaouira, la plus grande d'Afrique du nord. Une oeuvre spectaculaire offrant un rapport avec l'art totalement nouveau : "On marche dessus, et le fait de travailler dans un espace public est, en même temps, une forme de mise en danger pour l'artiste" tient à préciser Amine Kabbaj, soulignant par là-même la difficulté et la prise de risque inhérents au Street Art. Aussi grande soit-elle, la fresque n'en est pas moins éphémère. Elle devrait disparaître naturellement du sol au bout de quelques mois.

L'autre temps fort de la "MB6" à Essaouira est la venue de l'artiste Dag Insky. Elle réalisera une fresque murale à l'Institut Français (visible à partir du 25 février et inaugurée le 19 mars), ainsi qu'une autre oeuvre collaborative dans le cadre d'un atelier avec les étudiants en arts appliqués du lycée Mohamed V. Cette artiste voyageuse, spécialisée dans le street art et le design graphique, est réputée pour les lignes et les formes géométriques colorées qu'elles dessinent in situ. L'artiste a déjà oeuvré pour de grands projets, dont le pavillon français de la Biennale de Venise ou à la Maison de l'architecture à Paris. D'autres interventions plus récentes à Casablanca lui valurent une exposition à l'Institut Français en 2015.

Un parcours artistique à Essaouira

D'autres expositions à Dar Souiri et à l’Institut Français feront partie d’un parcours artistique inauguré par la présidence de la Biennale du 18 au 20 mars, trois jours durant lesquels "le buzz sera à Essaouira" nous annonce Amine Kabbaj, la Biennale concentrera son actualité sur les réalisation locales.

La Biennale de Marrakech à Essaouira : événements.
Biennale de Marrakech : le site.

 

Du 24 février au 8 mai 2016 la 6ème Biennale de Marrakech va investir nos lieux de passage et de vie à Essaouira, là où l'art contemporain rendu visible et palpable devient aussi vivant, interprétable et partagé par tous. 

Texte Alice Joundi
Photo DR Amine Kabbaj