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Les Issaoua dans le grand bain de l'éléctro à Essaouira

Par: Alice JOUNDI  

FUSION La 2ème édition du "MOGA" à Essaouira aura fait parler d’elle. Le festival des musiques actuelles et électroniques avait fait le choix d’une programmation exigeante, à la hauteur des attentes de clubbers européens et marocains venus nombreux cette année. Faisant la part belle aux DJ locaux, l’édition a confirmé l’essai avec brio. Sur scène, les artistes n'ont pas boudé leur plaisir, et la fusion de groupe belge Stavroz avec les Issaoua restera l'un des temps forts du festival.

"Party time" dans toute la ville : chacun son trip et tous contents

De façon un peu binaire (ou ternaire c’est selon), on pourrait résumer ainsi l’ambiance du MOGA. Investissant les jardins et la piscine du Sofitel, les DJ du MOGA ont ravi bien plus que les festivaliers munis de leurs bracelets fluorescents. Souiris et visiteurs, habitués des soirées festives du Beach & Friends ou du Taros, ont savouré leur surdose de "bon son" ; tous ont rechargé les batteries à grand coups de variations rythmiques, de sessions de surf et de bains de soleil.

Point commun identifié : le sourire

Pour les artistes comme les festivaliers, le sourire était de mise, ne faisant aucun doute sur la bonne humeur ambiante du MOGA 2018. Tenues excentriques, djellabas customisées, bijoux colorés, tatouages et paillettes : la fête et le lâcher-prise ont gagné les danseurs et baigneurs de chaque pool (ou garden) party.

People of Morocco

Dans cette ambiance colorée électro-aquatique, beaucoup de marocains s'étaient donné rendez-vous, venus de Rabat, Casablanca, Marrakech et Essaouira. Au milieu d’un public international, et tout comme l’OASIS festival en septembre à Marrakech, MOGA fait sa réputation parmi les locaux. Le secret d’une réussite dans un pays où la mouvance électronique a déjà fait un sacré bout de chemin, réunissant un public à la fois exigeant et demandeur d'expériences musicales renouvelées. 

Résidence de STAVROZ et les Issaoua : " on a tellement appris"

La composition la plus mélodique de l’édition revient sans nul doute au groupe Stavroz, dont le live set très attendu a donné un aperçu de leur résidence avec la troupe des Issaoua d’Essaouira. Mêlant déjà avec énergie quelques riffs 100% rock ou des notes jazzy bien sentis, aux pulsations électroniques de leurs sampleurs, Stavroz confit avoir "beaucoup appris" de leur résidence avec les Issaoua. Plusieurs séquences enregistrées sortiront de la confidentialité. Le groupe a même annoncé qu’un morceau intitulé MOGA naîtra de cette expérience "trans-continentale"
Une fusion, comme on en connait déjà à Essaouira depuis plus de 20 ans entre musiciens du monde et troupes marocaines du Festival Gnaoua, qui sut mettre au diapason la ligne commune de ces deux formations, entre transe et mélodie. 

Il y a fort à parier que la fusion "électro-tradi" (déjà expérimentée en 2016), devienne la marque de fabrique du MOGA.

 


VIDEO : le live de Stavroz et Issaoua sur Facebook par We love Buzz.
 

Issaoua
La confrérie des Issaoua figure parmi les principales confréries religieuses au Maroc. Issue de la tradition soufie, la confrérie évoque à travers sa musique Dieu pour demander Son soutien. C'est ainsi qu'elle fête tous les ans la naissance du Prophète avec des chants et des danses issus d’un rituel ancestral.

A Essaouira, les Issaoua se réunissent dans leur zaouïa, située en plein coeur de l'ancienne médina. 


On parle déjà de l’année prochaine

Cette fois-ci tous les indicateurs semblent déjà au vert pour une édition 2019. De nouvelles scènes, plus proches encore certainement de la plage, des idées de créations musicales, des animations artistiques devraient voir le jour, et encore plus de lieux investis par le MOGA à Essaouira.

La direction du festival pensent déjà au 3ème opus, et ils ne sont pas les seuls ! Parmi les festivaliers, nombreux sont ceux qui prévoient déjà de bloquer leur week-end d’octobre 2019, pour danser à Essaouira.