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L’île de Mogador : 8000 ans d’histoire sur le rivage d’Essaouira

Par: Alice JOUNDI  

ARCHEOLOGIE Une conférence à Essaouira consacrée au Maroc antique fait forcément un détour par l’île de Mogador, la plus grande des îles purpuraires au large d’Essaouira. Du néolithique à l’époque romaine de l'empereur Juha II, en passant par le grand empire Phénicien, l'île recèle de vestiges archéologiques qui ont beaucoup beaucoup de choses à dire...

Si M. Abdelfattah Ichkhakh prend le temps de s’arrêter sur l’île de Mogador lors de sa conférence à Essaouira consacré au Maroc antique, c’est bien plus qu’une affaire de localisme...

 

En effet, comme le souligne l'actuel inspecteur des monuments historiques et des sites archéologiques de Mogador-Essaouira - et chercheur associé à l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine de Rabat - ce territoire, pourtant très au sud des sites historiques antiques les plus connus du Maroc, fait exception sur la côte Atlantique marocaine. Successivement nommée "Terné", "Tamuziga", ou "île purpuraire", les anthropologues la considèrent comme "lisière" du monde antique marocain.

 

En accumulant des siècles de présence humaine plus ou moins continue, l'île Mogador est un véritable témoignage de l’histoire du Maroc et des occupations successives dont il fit l’objet.

 

La plus grande des îles purpuraires faisant face à la baie d'Essaouira est avant tout connue pour avoir été un comptoir commercial phénicien (entre le 7ème et 3ème siècle av. J.-C.) puis un site d'occupation romaine pour le commerce de la pourpre. Mais les fouilles archéologiques ont mis à jour des strates souterraines dans lesquelles divers vestiges ont été datés (au carbone 14), révélant une présence humaine dès le néolithique (autour de 6000 ans av. J-C.). 
Fours de l’époque phénicienne, poteries, gravures, graffitis, amphores et parures de la période romaine tardive (5ème siècle après J.-C.) : le site de Mogador recèle de nombreux trésors archéologiques, et il y a fort à parier que les fouilles soient à ce jour loin d’être achevées...