Culture

Printemps Musical des Alizés, où jeunesse et talent s’offrent un espace exquis de liberté

Par: Alice JOUNDI  

FESTIVAL Du 25 au 28 avril derniers, la cité des alizés a renoué avec cette nécessaire ambition de réunir toutes les musiques en terre souirie. La musique de chambre a donc retrouvé son écrin marocain. Les artistes exceptionnels de l'édition ont offert au Printemps Musical des Alizés toute la saveur d’un moment privilégié.

Le Printemps Musical des Alizés d’Essaouira, festival annuel dédié à la Musique de Chambre, sait depuis 19 ans charmer son auditoire. 

Si au fil des années la surprise d’un festival de musique classique en territoire marocain a cédé la place à l’impatience d’un rendez-vous ; son atmosphère unique a fait le tour d’un monde mélomane et curieux, ainsi que d'une tribu de fidèles connaisseurs. Or, cette édition résolument intimiste et consacrée aux petits ensembles, a brillamment renoué avec l’authentique marque de fabrique du festival.

Du Quatuor Hanson, en passant par l’Insieme Strumentale di Roma, de Tristan Raës à Guillaume Vincent, de Raphaël Sévère au Trio Métral, de la divine Marie-Laure Garnier au détonant Quartet HBS ; pas une formation, pas un artiste, n’aura manqué de saluer l’atmosphère chaleureuse et décontractée du Printemps des Alizés, mais aussi la qualité de son audience, toujours amène et attentive.

Une nouvelle fois à Essaouira, il fut question de convivialité, dans la salle comme sur scène, où certains musiciens naviguaient d’une formation à une autre, d'une scène à l'autre ; des lieux emblématiques qui, d'un Riad à Dar Souiri, au cadre d'une synagogue à Bayt Dakira ou bien encore dans l’église d’Essaouira, disaient en toile de fond tout l'esprit de cette cité, ouverte et engagée.

Le Printemps Musical des Alizés conjuguait une nouvelle fois la musique classique à toutes les personnes, et au présent simple. Simple, comme un art épuré sans fioriture, sans décorum, dans la délicatesse qu’il mérite, les silences qu’il impose, et les éclats de joie qu’il nous offre.

C'est la grâce d’une jeunesse flamboyante qui aura fait briller cette édition, dont les artistes connus pour leurs exceptionnels talents, ont surtout démontré combien la nouvelle génération sait s’emparer des oeuvres classiques et les rendre plus vibrantes que jamais.

Habités, émus, sincères, fougueux et libres, libres d’aimer passionnément les oeuvres de Schubert, de Mendelssohn, de Satie, de Brahms ou de Poulenc : les musiciens ont dessiné tour à tour le contour de l'âme intacte de ce festival.

Chacun d’eux n'avait d'autre joie que de livrer sa propre version lors d'une interprétation incarnée, et plus que jamais proche d’un public conquis.

L’intimisme - voire le minimalisme sans fard, de cette édition - aura donc servi surtout l'expression d'une musique, mise au coeur de tout instant.

Nue, simple et libre, la partition interprétée allait toucher chacune de nos cordes sensibles, et c’est un énième cadeau que l’Association Essaouira Mogador nous offrait pour ce printemps à Essaouira...

Rendez-vous l'année prochaine, pour la 20ème, assurément... 

Photos : PJR - Oddityline pour Le Printemps Musical des Alizés