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Y a-t-il une école d'Essaouira ? Aux origines du "souirisme"...

Par: Alice JOUNDI  

EXPO Il ne s'agit pas de savoir si il faut passer un brevet spécial pour intégrer un mouvement artistique souiri (quoique), mais plutôt, à l'occasion de la parution du livre "Y a-t-il une école d'Essaouira ?" et de l'exposition parisienne du même nom, de toucher du doigt la singularité créative d'Essaouira au travers des œuvres de trois artistes majeurs : Abdelaziz Baki, Ali Maimoun et Mohamed Tabal. Voyage dans un territoire artistique hors normes.

Comment transcrire l'origine et l'enracinement souiri d'un art à part ? Deux événements (la parution d'un livre et une exposition parisienne) s'additionnent pour donner corps et mots à cette question philosophique.
A la lueur des œuvres d'Abdelaziz Baki, d'Ali Maimoun et de Mohamed Tabal, André Azoulay (conseiller de SM le roi Mohamed VI), Mickaël Faure (directeur de l'Alliance Franco-marocaine d'Essaouira), Jérôme Bloch (directeur de l'Institut Français de Marrakech), Sylvie Brignon, Catherine Conil et Abdelkader Mana signent les textes de l'ouvrage intitulé "Y a-t-il une école d'Essaouira ?".
L'exposition, du 24 mai au 2 Juin à Paris, initiée par Daniel Gastaud (artiste collectionneur et souiri d'adoption), tentera de donner à cette réflexion toute sa couleur et sa forme, que découvrira le public parisien.

Singulier, intuitif, mystique

Des entretiens avec les auteurs jaillissent certaines évidences qui s'approchent de la définition d'un mouvement artistique, d'un état d'esprit. Il s'agit là bien sûr d'une tentative, car grande est la complexité de réunir ces artistes aux parcours non tracés.
Bien au-delà d'une démarche purement intellectuelle, leur créativité artistique semble prendre racine au plus profond de l'être, dans "l'espace du surnaturel mystique et rituel" comme l'exprime justement dans sa préface André Azoulay. Car il est question d'intuition, d'un art essentiel et vital qui s'impose comme une évidence à ces artistes qui furent aussi bien berger, maçon, menuisier avant de donner toute la place à leur art.
Comme le souligne Mickaël Faure, la communauté des artistes d'Essaouira, loin de répondre à un quelconque marché de l'art bien spécifique, se trouve aux "avant-postes" de la création artistique, cultivant sans-cesse sa singularité.

Au fil des rencontres avec certains artistes d'Essaouira, Made in Essaouira s'est également posé la question de savoir comment la ville et son souffle empreignent et influencent leurs créations. Les mots des artistes eux-mêmes ont finalement rejoint l'approche des auteurs du livre dont il est question ici. Ils nous ont parlé d'une évidence, nourrie d'intuitions et d'une approche quasi native de l'art, de cette île singulière qu'est Essaouira qui les retient par sa lumière et sa force spirituelle.  Rappelons-nous la confidence de ce jeune peintre Badr El Bouchti qui suffit à elle seule pour parler de l'art comme d'une nécessité :"ma peinture, c'est comme de l'eau. Je ne peux pas vivre sans boire de l'eau". 


L' Exposition : "Y a-t-il une école d'Essaouira" du 24 mai au 2 juin 2012. Galerie 24b. 24 bis rue Saint Roch 75 001 Paris.
Le livre
: "Y a-t-il une école d'Essaouira", Volume éditions - France Diffusion / Distribution Volumen. En vente à l'Alliance Franco Marocaine d'Essaouira.

 

Texte Alice Joundi
Photo DR